Shining Resonance Refrain: le gameplay avant tout

Shining Resonance Refrain est un JRPG sorti à l’origine sur PS3 en décembre 2014. Le jeu vidéo développé par Mediavision et édité par SEGA/Koch Media n’est à l’époque disponible qu’en Asie. C’est après presque quatre ans d’attente que le titre parvient enfin aux fans de JRPG occidentaux.

Shining Resonance Refrain


Pour la petite histoire…

La saga des Shining a été l’une des plus (sur)exploitées. Démarrant à l’origine avec les excellents Shining In The Darkness (1991), Shining Force (1992) et Shining Force 2 (1993). La série de jeux n’a eu de cesse de s’agrandir et évoluer. Les titres suivants n’ont pas toujours été de grands jeux, partageant la communauté des fans, mais la saga a su s’adapter et perdurer à travers les décennies.

  Shining Resonance Refrain

Les trois jeux qui ont créé l’engoûment initial pour les Shining.

Shining Resonance Refrain se positionne donc aujourd’hui comme le 37ème de la famille, et remaster du 34ème. L’occasion en vaut-elle le prix, ou avons nous à faire à un jeu somme toute dispensable? Difficile à dire tant le titre jongle entre classicisme et originalité.

Hey! Mais on se connait non?!

Nous suivons une équipe de héros somme toute assez banale pour un JRPG c’est à dire centrée comme on peut s’y attendre autour d’un être élu recelant un pouvoir caché d’une grande puissance. Tous les archétypes sont donc là: le protagoniste froid en apparence mais au coeur tendre, l’être innocent et introverti au potentiel exceptionnel, l’héroïne de haute extraction rêvant d’aventure, l’exalté de service, la prêtresse amoureuse etc.

Une équipe au design très classique. de gauche à droite, Rion de Galerian (PS1), Tifa en armure (FF7), une survivante des guerres de Lodoss, et Natsu qui vient d’avoir son bac.

Au rayon des antagonistes on retrouve également des archétypes 1000 fois éculés: le grand type taciturne qui prend tout bien trop au sérieux, la peste à la fois casse, sexy, et suffisante, le psychopathe fantasque…

Ceci étant dit les personnages de Shining Resonance Refrain sont vraiment charismatiques, les design sont superbes. Le cell-shading rend vraiment bien, l’effet anime est réussi. Très sympathique lors des phases de dialogue. Cerise sur le gâteau, les dialogues du jeu sont intégralement doublés. Pour l’occasion seule la localisation anglaise est disponible, il faudra attendre la sortie officielle pour pouvoir télécharger gratuitement sur le store les voix originales. Chaque personnage est vivant et doté de sa propre personnalité, on est tout de suite dans le bain.

Un scénario juste correct

Côté scénario, ne vous y trompez pas, nous avons à faire à quelque chose de tout aussi classique dans le traitement des personnages et des événements. Effectivement, dans les grandes lignes c’est du déjà vu, mais le tout est suffisamment bien skinné pour ne pas être ennuyeux, les personnages interagissent beaucoup entre eux et l’aventure reste épique. Jugez plutôt:

L’action prend place dans le monde D’Alfheim (classique), un monde ou les dragons se sont éteints depuis très longtemps. En mourant les âmes des dragons se sont transformées en cristaux aux propriétés fantastiques. C’est ici qu’entre en scène l’Empire de Lombardia, patrie peuplée de sales types en tous genre, corrompus et avides de pouvoir.

Telle l’armée du ruban rouge à la recherche des Dragon Ball, l’Empire Lombardia convoite jalousement les fameux cristaux, n’hésitant pas à marcher sur les plates bandes de leurs voisins pour se les approprier.

Au début du jeu on est directement dans l’action: le tutoriel se déroule lors d’une mission d’extraction au cours de laquelle les forces Armée du royaume D’Astoria, en l’occurence la princesse Sonia en personne suivie de quelques soldats, prennent d’assaut une prison de l’Empire afin de délivrer Yuuma, notre héros qui semble exceller dans le rôle du gars qui a un pouvoir très puissant mais refuse de s’en servir (classique)…

A partir de là l’histoire de Shining Resonance Refrain se déroule de façon plutôt convenue, avec son lot d’humour et de relations humaines. Sans être bâclé, il reste correct mais a peu de chance de vous laisser un souvenir impérissable. Les joueurs les plus expérimentés arriveront sans mal à anticiper aussi bien les événements que les relations entre les protagonistes. Les néophytes quand à eux y trouveront leur compte.

Shining Resonance Refrain

La version du jeu ne dispose de sous titres au mieux qu’en anglais. Ce qui risque de dissuader les joueurs les plus jeunes.

Malheureusement le jeu ne dispose d’aucune voix ni sous titre en français. En soi, ce n’est pas vraiment gênant car étant donné l’élocution des doubleurs anglais et la simplicité des mots utilisés, un collégien arriverait sans peine à comprendre la totalité de ce qui se dit. Mais dans tous les cas, il faut être réaliste, cela ne manquera pas de refroidir certains joueurs notamment parmi les plus jeunes. D’autant plus que les phases de dialogue peuvent parfois durer longtemps.

Des graphismes propres, mais datés

A part les personnages du jeu, on ne peut pas dire que les graphismes soient de haute volée. La direction artistique de Shining Resonance Refrain est impeccable, mais il est vrai que le genre qui met pas vraiment l’accent sur le coté graphique. A part quelques licences, à peine, les JRPG qui nous parviennent sont majoritairement des jeux disons honorables mais sans plus.

Ici, nous avons à faire à un jeu sorti en 2014 sur PS3, et c’est vrai que malgré le lifting HD, les décors sont vides et assez plats dans l’ensemble. L’aliasing est présent et le filtrage des textures est aux abonnés absent. Le jeu est vraiment brut au niveau de ses environnements: la texture de brique appliquée comme du papier peint sur les tours hexagonales du château trahit un peu l’âge du jeu. Mais Globalement cela reste joli grâce à une direction artistique de qualité.

Ce zoom illustre parfaitement le décalage entre les personnages et le décor. Ceci étant dit le jeu reste agréable et la version PS3 était manifestement réussie en son temps.

Shining Resonance Refrain

Sur Switch en mode portable, la résolution de 720p rapproche le jeu de sa version ps3.

En portable, le format d’écran joue en la faveur du jeu. On passe en 720p mais voit beaucoup moins les pixels étant donné les dimensions. La qualité reste tout de même satisfaisante si on compare le titre à d’autres JRPG plus récents sortis sur les consoles de Nintendo.

Les personnages eux, ont été très bien remis au goût du jour, le cell shading, sans venir concurrencer Dragon Ball Fighterz  est quand même à même de faire parfaitement cadrer les modèles 3D et les artworks. Le résultat est impeccable.

Le jeu affiche tout de même des rendus différents selon la machine. Même si la Switch offre des performances tout à fait correctes du téléviseur, il faut avouer que les versions PS4 et PC sont un peu plus fluides et moins aliasées. Les effets spéciaux sont également plus à l’aise sur les grosses machines.

En définitive, tous les supports permettent de profiter du jeu dans des conditions assez similaires, il n’y a ici aucune version du jeu au rabais étant donné la console d’origine.

Tout pour le Gameplay

Nous avons parlé des personnages, du scénario, des graphismes, mais en réalité tout ceci n’est rien car c’est sur ce point que le jeu a tout misé pour garder le joueur en haleine. Ce jeu est fun tout simplement et présente un système de combat à la fois dynamique et profond.

Les phases d’action de Shining Resonance Refrain se jouent donc en temps réel, ici pas de tour par tour: on tape, on dash, on bloque. C’est très « action aventure » et il n’est pas difficile de jongler entre les coups classiques et les capacités spéciales.

D’autres facteurs entrent en ligne de compte comme les aptitudes des coéquipiers présents pour vous soutenir, mais aussi la qualité des rapports ente eux. Ce qui nous renvoie directement aux phases de dialogue durant lesquelles on peut de temps à autre choisir ce qu’on répond à son interlocuteur… Beaucoup de combinaisons d’équipe sont à découvrir. Et le joueur peut avec un peu d’attention consolider les relations entre les héros de telle sorte que sa formation préférée gagne en efficacité.

Pour peu qu’on se prenne au jeu, tout prend une autre dimension, il y a un aspect visual novel qui se dégage des phases de dialogue. Le scénario classique et convenu devient sans importance car ce sont les personnages qui importent réellement et les relations qui les lient ou les séparent (on peut même flirter). Les défauts deviennent futiles et le jeu livre sa vraie richesse pour peu qu’on soit un vrai fan de J-Pop. Oui, ne faites pas semblant d’être surpris.

B.A.N.D. of Brothers

Et c’est bien normal, car tout bon jeu japonais se doit de déraper à un moment donné de façon totalement incontrôlée. Shining Resonance Refrain ne fait ici pas exception à la règle.

Le principe ici est simple: selon l’univers de Shining Resonance Refrain, les dragons tirent leur puissance de la musique. A partir de là, le parcours est fléché: le dragonnier doit naturellement savoir chanter, avoir des aptitudes musicales… Mais forcément, avec un instrument de musique, on obtient des harmonies plus puissantes… Et c’est ainsi qu’on se retrouve avec 4 héros dans un monde typiquement heroic fantasy, qui sortent en plein champ de bataille des instrument de musique camouflés dans des armes pour improviser un petit concert.

Quand on les voit aussi enthousiastes à l’idée de jouer, alors qu’un monstre de 4 ou 6 tonnes leur fait face prêt à attaquer, on ne peut que rester admiratif

Plus sérieusement, une fois la surprise passée, force est de constater que cela fonctionne plutôt bien. Comme dans Final X-2, au début on, rejette en bloc, ensuite on fait avec, et au final on finit par saisir tout l’intérêt du système, et en fin de compte on se laisse prendre au jeu.

Ici baptisé B.A.N.D., le système permet en pratique de booster temporairement certaines stats grâce à des performances musicales.

On se retrouve avec un jeu vraiment prenant au niveau du combat, et profond en ce qui concerne de la gestion de personnage. On finit par jouer à ce jeu pour les même raisons qu’on peut jouer à un Disgaea ou un World of Warcraft: combattre et évoluer, le reste est au final sans importance.

L’évolution des personnages, des skills ainsi que l’alchimie sont présents et apportent encore plus d’intérêt au tout.

Quelle réelle différence avec Shining Resonance ?

Le mode Refrain.

Le mode Refrain est censé être joué après la fin du jeu en mode normal. Vous risquez de vous spoiler des événements majeurs de l’histoire. La composition de l’équipe diffère afin d’intégrer deux autres personnages normalement impossible à recruter en partie classique.

Sachant que les relations entre les personnages sont au coeur même de ce jeu, cela apporte son lot de fraîcheur et une certaine rejouabilité.

Destiné à creuser certains personnages sans pour autant changer les grands événements de l’histoire, sa présence n’a aucun intérêt si vous n’avez encore jamais fait le jeu. Mais une bonne surprise pour tous ceux qui l’ont déjà parcouru ou n’en auront pas eu assez la première fois.


En résumé

Shining Resonance Refrain est un jeu brillant qui mérite d’être fait pour peu qu’on apprécie le genre. Loin d’avoir pour mission de conquérir de nouveaux joueurs,le jeu propose sous des airs classiques un système de combat et de gestion d’équipe parfaitement rodé et allant plus loin que la concurrence même actuelle.

Le coté très classique du jeu ne le rend pas mauvais, le coté valeur sûre des héros est bénéfique à l’ensemble mais destinera définitivement le Shining Resonance Refrain à un public néophyte plutôt qu’aux vieux briscards du JRPG. Ces derniers risquent de ne devoir miser que sur le gameplay et le système de combat pour rester accrochés jusqu’au bout de l’aventure. Le titre est un patchwork de bonnes idées rappelant de grandes licences comme les Tales of, ou Final Fantasy. Le mélange est réussi et dégage en fin de compte sa propre identité…

Shining Resonance Refrain est un jeu qui en définitive s’adresse aux fans du genre, sa vocation n’est pas de trouver un nouveau public mais bel et bien de faire plaisir à une communauté qui en Europe a l’habitude de voir la plupart des jeux sortir en Asie uniquement. En espérant qu’un jour le sous-titrage en français devienne une habitude.

Rédacteur

Greg
Greg
Greg, 35 ans, joueur-bidouilleur assidu depuis l'âge de 8 ans. Façonné et poli par les années 80 puis 90, je suis un grand passionné de dessin, de 3D, de cinéma et d'informatique.
Hobbies Principaux: Dragon Ball, Photoshop, la photographie, et un tas d'autres trucs.
J'aime: Les bêtas ouvertes, les artbooks et la cuisine asiatique.
Je n'aime pas: Les downgrades graphiques, les piles non incluses, et les accessoires vendus séparément.

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