Joe Golem, détective de l’occulte – Tome 1 : de Dick Tracy à X-Files

Joe Golem, détective de l’occulte – Tome 1 est un comic paru aux éditions Delcourt le 16 Mai dernier. Créé par Mike Mignola et Patric Reynolds (respectivement créateur et dessinateur de Hellboy), le comic nous propose une enquête fantastique prenant place dans le New York de 1955, version alternative.


Joe Golem, qu’est ce que c’est ?

Mike Mignola: un des piliers du comic moderne.

Joe est un de ces hommes comme on n’en fait plus : rude, courageux, buriné par les vicissitudes la vie. Il est doté d’une détermination inflexible. Un poil cabochard, avec des airs de mauvais garçon, il travaille en tant que détective en collaboration avec Mr Church : un membre éminemment brillant de la profession, quoi qu’un peu atypique…

Joe et Church se consacrent exclusivement des enquêtes fantastiques, dans lesquelles se mêlent surnaturel, démoniaque, bizarreries et autres curiosités.

Le décor planté par New York de 1955 dont Manhattan sud serait totalement noyé sous les eaux, offre tout le glauque et le bizarre que nécessite le style emprunté. Le danger se cache potentiellement dans chaque recoin sombre de la ville, le cadre n’est pas accueillant mais recèle sa propre hospitalité.

Et le Golem dans tout ça ? Eh bien, c’est un peu compliqué…


Un tome un peu frustrant

Qu’on se le tienne pour dit, le tome 1 de Joe Golem est plus une introduction qu’autre chose. Exposition des personnages, l’ambiance se veut réaliste donc on prend son temps pour bien poser l’atmosphère. La première enquête arrive sur le tapis (avec son lot de mystères) tout démarre il se passe quelques trucs un peu d’action et d’un seul coup « À suivre ». Sans avoir levé le voile sur quoi que ce soit de manière satisfaisante. Non seulement c’est horriblement frustrant, mais en plus, la dernière case, vient jouer encore plus franchement avec notre curiosité…. Heureusement que la galerie d’illustrations et de sketch à la fin est là pour relativiser un peu.

L’histoire est bonne, l’ambiance fonctionne, on ne s’ennuie pas et au final, même pour un comic, ça se lit plutôt vite. C’est une bonne surprise surtout si on considère le ton assez noir/pulp, souvent synonyme de lourdeurs et de dialogues aussi interminables que pittoresques.

Joe est un homme peu loquace, mais qui ne mâche pas ses mots et ne manque pas de style. Les phrases sont courtes, efficaces, la lecture est agréable.

Joe GolemEn revanche, j’ai rarement lu un premier tome se suffisant aussi peu à lui-même… Revenons donc au Golem, vous vous rappelez ? Pourquoi le Golem ? Étant donné le titre, on peut penser que Joe contrôle un Golem, ou se transforme en Golem, pourquoi pas. Après tout, Mignola a fait ses premières armes chez Marvel notamment sur Hulk… Peut être a-t-il été inspiré.

A vrai dire je n’en sais encore rien après ma lecture. Le tome ne nous dit rien sur la relation entre Joe et un éventuel Golem. Tout ce que l’on a pour percer le mystère, ce sont des rêves que fait Joe dans lesquels on suit effectivement l’histoire d’un Golem fabriqué et utilisé dans le cadre d’une chasse mystique.

Souvenirs enfouis ? Lien mystique ? Rémanence surnaturelle d’événements passés ? Joe est-il le Golem ou le contrôle-t-il seulement ? Aucune réponse.

C’est un peu dommage parce que du coup, on reste sur notre faim. C’est un peu comme aller voir un film de super-héros, mais sans que le héros n’y apparaisse réellement.


Mais alors Joe Golem est-il bon ?

Réponse: oui.

Joe GolemLe graphisme est un peu abrupt, c’est vrai, mais pour un rendu général finalement très réaliste comparé aux autres comics. On ressent presque un peu trop le travail à base de photos et d’acteurs. Ici, une case fait bizarrement un peu photo-montage, là, on dirait Sean Connery dans Haute Voltige… Mais à part quelques rares petites imperfections, le style fait mouche et laisse un souvenir presque cinématographique.

L’univers a un coté années 50 très classique, mais pioche également allègrement dans les classiques du fantastique tels que dracula, le monstre du marais tout vert avec ses nageoires sur la tête, les sorcières types harpies de Salem etc. Un coté classique qui cohabite vraiment bien avec la version de New York qui nous est présentée.

L’histoire en elle-même est bien menée pour ce que j’en ai vu. Les personnages même mineurs ont la profondeur propre aux héros de pulp. Une complexité qui n’est toutefois jamais surexploitée au-delà des nécessités de l’histoire, et qui touche également les « méchants ». Une volonté de dépeindre un monde où tout est gris. Même s’il existe un coté résolument corrompu et sombre, les choses sont régulièrement plus complexes que cela.

Le flair est de mise pour ne pas se laisser berner. Aucune case n’est là pour faire du remplissage, l’ensemble ne pâtit d’aucune lourdeur.


À qui recommander Joe Golem ?

Joe Golem

Définitivement à beaucoup de monde. Tout d’abord, les fans de séries fantastiques comme X-Files, Au Delà du Réel, Twilight Zone, ou même Supernatural seront ravis.
D’un autre côté, les nostalgiques de Mike Hammer ou Columbo, les fans de Sherlock Holmes ainsi que les joueurs de L.A Noire devraient également trouver leur bonheur tant l’ambiance « détective privé à l’ancienne » est omniprésente.
Et pour finir les fans des grands balèzes ultra motivés (Hulk, The Thing, Hellboy, Punisher) devraient aussi jeter un petit œil car Joe est un Fonceur, et le Golem vaut son pesant de cacahuètes en terme de dangerosité.

Je veux clairement lire le Tome 2 !

Rédacteur

Greg
Greg
Greg, 35 ans, joueur-bidouilleur assidu depuis l'âge de 8 ans. Façonné et poli par les années 80 puis 90, je suis un grand passionné de dessin, de 3D, de cinéma et d'informatique.
Hobbies Principaux: Dragon Ball, Photoshop, la photographie, et un tas d'autres trucs.
J'aime: Les bêtas ouvertes, les artbooks et la cuisine asiatique.
Je n'aime pas: Les downgrades graphiques, les piles non incluses, et les accessoires vendus séparément.

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