Il Faut Flinguer Ramirez : Quand BD française et culture pop font bon ménage

Il Faut Flinguer Ramirez. Acte 1Une BD écrite et dessinée par le talentueux Nicolas Petrimaux, parue chez Glénat fin mai dernier. Aussi brillante dans son histoire qu’au niveau de l’illustration, Il Faut Flinguer Ramirez nous raconte une histoire badass, sulfureuse et non dénuée d’humour, plantée en plein dans les années 80. Empruntant aux ambiances d’œuvres cultes et déjantées telles que les films Jackie Brown, Smockin Aces, Pulp Fiction et bien d’autres encore, c’est une lecture riche en action et en suspense que nous promet cet ouvrage pour le moins soigné.

L’auteur.

Tout d’abord quelques mots sur l’auteur: Nicolas Petrimaux. Souvenez-vous de ce nom car difficile de dire jusqu’où pourra aller cet artiste.

Une longue carrière artistique.

Avant de se mettre à la BD, le parcours artistique du monsieur a été pour le moins varié. Travaillant dans l’industrie du jeu vidéo, du cinéma et plus généralement du divertissement visuel, il a laissé sa marque autant sur de petits projets mobiles que sur d’énormes licences telles que Fast and Furious, et Dishonored.

Fort de son talent et de son expérience de directeur artistique, Nicolas Petrimaux s’est régulièrement impliqué dans des projets plus ou moins personnels. Qu’il s’agisse de son implication dans la production de CFSL Ink (CaFé SaLé) ou de son attrait pour la bande dessinée, nous avons ici affaire à un artiste à qui tout réussi. Vous pouvez avoir un aperçu de son travail personnel sur son compte artstation ici.

L’auteur de BD

Témoignant clairement d’une volonté de conserver le style franco-belge, tout en le modernisant selon les arcanes de la pop culture et de l’imagerie internet actuelle, Nicolas Petrimaux semble s’atteler à concevoir une bd franco-belge 2.0 de haute volée graphique tout en évitant habilement de dénaturer l’âme du style. Manifestement défi réussi.

C‘est sûrement la dernière génération d’auteurs de bd qui veut cela car des initiatives similaires ont déjà par le passé été lancées par d’autres séries telles que Skydoll ou encore Badass. Dans cette nouvelle branche de la BD franco-belge, l’auteur signe ici un ouvrage d’une grande qualité, bien plus audacieux et précis que ce qui a été fait précédemment. Le remaniement du style est si conséquent, les bonnes idées me semblent si nombreuses, que le résultat final est vraiment proche du sans faute. Il y a de la nouveauté à absolument tous les niveaux. Et cela fonctionne parfaitement.

L‘auteur n’est est pas tout à fait à son coup d’essai puisque Il Faut Flinguer Ramirez est sa troisième publication. Sont déjà sortis Mon pépé est un fantôme en 2008 et Zombies Nécrologie en 2014.

Maintenant que les présentations sont faites, venons en au vif du sujet.

L’ouvrage.

Il faut bien l’avouer: la couverture fait son effet !

Une histoire haletante.

Au niveau de l’histoire, j’en parlerai aussi peu que possible. Voici donc le pitch. Les années 80, l’Arizona, 50 degrés. Deux bandits des cartels entrent dans un SAV et tombent stupéfaits : persuadés de reconnaître en Ramirez (un placide réparateur d’aspirateur d’environ 40 ans, doué dans son domaine, et muet) l’assassin Mexicain numero uno, le croque mitaine, Keyser Söze, l’agent 47 en personne… En deux mots : La Légende.

S‘en suit donc forcément un enchaînement d’événements aussi hauts en couleur que totalement improvisés… Et que je ne vous confierai évidemment pas.

Mais je peux vous dire que l’histoire est accrocheuse, originale et que la forme est séduisante.

Une BD qui vous fait du charme.

Un graphisme accrocheur

Tantôt classiques, limite traditionnelles, tantôt complètement sauvages, les planches sont vraiment saisissantes. Les cases font place à des pleines pages et des doubles pages qui mériteraient largement d’être affichées sur un mur. Le traitement de la couleur par dominantes est un choix vraiment agréable, d’autant plus qu’il n’est pas là pour cacher une certaine fainéantise.

C‘est vraiment très travaillé, du beau travail. Cet album ne se regarde pas, il s’observe. Sa couverture se contemple. C’est d’ailleurs ce qui m’a accroché. Car oui je ne l’ai pas précisé mais sachez que Il faut flinguer Ramirez n’est pas une bd qui m’a été envoyée par un de nos partenaires mais bel et bien un achat personnel suite à un coup de cœur littéral en librairie.

Une narration originale.

Même si elle n’est pas réellement conventionnelle et témoigne de temps à autre de la relative jeunesse de l’auteur. Elle reste pourtant originale et fonctionne très bien. Ainsi, par exemple, vous aurez régulièrement le loisir de pouvoir avoir accès à des « documents annexes » en rapport avec certains points de l’histoire ou objets de l’environnement. Concrètement, vous pourrez réellement lire la page de journal que parcourra un personnage dans la case suivante. Ou voir l’affiche d’un film auquel il est fait allusion dans une bulle précédente.

Faisant à la fois office de goodie, d’artbook et de détail supplémentaire, ce genre de procédé permet de rapprocher le lecteur du personnage de façon inédite. Quelque part, on partage des choses avec eux sans que cela n’ait rien à voir avec le déroulement de l’histoire. Une sorte de nouvelle façon de creuser les personnages et de créer une emphase évidente avec le lecteur. En plus c’est bourré d’humour, tout en évitant une quelconque lourdeur. De la grande BD vous dis-je.

Les cadrages sont efficaces, on s’attarde sur chaque page, c’est vraiment à ce niveau une production de très bonne qualité qui mérite sa place dans toutes les bibliothèques. Destiné plutôt à des publics ado ou adultes, Il faut Flinguer Ramirez est parti pour être une série fascinante.

Difficile de trouver un défaut à cette bande dessinée, il n’y a rien de dommage à part le fait qu’il soit nécessaire d’attendre sûrement de longs mois, voire plus pour avoir accès à la suite. Il semble que la réputation de cet ouvrage soit galopante, même au sein du petit monde des libraires qui peut souvent se montrer sévère. C’est une très bonne chose.

Un titre qui mérite un succès retentissant.

Rédacteur

Greg
Greg
Greg, 35 ans, joueur-bidouilleur assidu depuis l'âge de 8 ans. Façonné et poli par les années 80 puis 90, je suis un grand passionné de dessin, de 3D, de cinéma et d'informatique.
Hobbies Principaux: Dragon Ball, Photoshop, la photographie, et un tas d'autres trucs.
J'aime: Les bêtas ouvertes, les artbooks et la cuisine asiatique.
Je n'aime pas: Les downgrades graphiques, les piles non incluses, et les accessoires vendus séparément.

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